Osez!

Go big, or go home. Just dare. Boy dé ci allë, nala gaindé réy[1]. Osez rêver.

Moi : « Monsieur, je voulais te parler de quelque chose. Tu sais, c’est ma dernière année, et je voudrais vraiment faire mon master l’année prochaine et en finir une fois pour toutes, et pouvoir enfin rentrer. A part que dans les écoles américaines, ça coûte extrêmement cher, et les masters durent deux ans. Du coup j’ai pensé le faire en France… Certaines écoles prendraient mon bachelor comme équivalent d’un bac + 4, du coup j’aurais juste un an d’études supplémentaire à faire. Qu’en penses-tu ? »

 Mon frère : « Je pense que c’est une bonne idée, d’autant plus que ça renforcerait le côté bilingue de ton profil. Mais juste une chose : si tu vas faire un master en France, fais soit HEC, soit Sciences Po. Sinon, da ngay sonal sa bop, diaruko[2]. Réfléchis-y bien. »

Cette conversation date de ma dernière année en bachelor dans une université américaine et à l’époque, la seule chose dont j’étais absolument certaine, c’était que je voulais rentrer au Sénégal. Voyez-vous, mon frère a été mon premier mentor. Nos intérêts sont similaires, nos personnalités, quelque peu ; mais surtout, il a toujours eu cette maturité précoce qui m’intrigue. Après cette conversation, j’avoue que j’étais prise de peur: la peur de ne pas y arriver, la peur d’échouer, la peur de ne pas être à la hauteur. Je me laissais gagner par un sentiment de panique alors que je n’avais même pas encore tenté ma chance! Au fur et mesure que les mots de mon frère retentissaient dans mon esprit, je me rendais compte que la pire chose qui pourrait arriver était que je ne sois pas admise dans ces écoles. Et alors? J’aurais déjà un diplôme, et je pourrais tenter ma chance ailleurs. Ce ne serait pas un échec en soit, mais plutôt un pas en arrière me permettant de mieux sauter. Le véritable échec serait de ne pas tenter ma chance, de ne jamais savoir ce qui aurait pu être. Aha!

 Je devais encore réfléchir, mais seulement sur le pourquoi. Pensez théorème de Pythagore : foncer tête baissée, ce serait parcourir la base et la hauteur du triangle rectangle pour arriver à mon but, à part que l’hypoténuse serait le chemin le plus court. Mon frère venait de me dire de trouver la longueur de l’hypoténuse, de m’y coller bien fort et de ne pas la lâcher, alors que je n’avais comme paramètres, que la base et la hauteur. Go big, or go home.

 Je ne sais pas s’il s’en est rendu compte, mais à ce moment précis, mon frère m’a appris l’une des leçons les plus importantes de ma vie de jeune adulte. Que dis-je ; il s’agit en réalité de plus qu’une leçon : c’est un état d’esprit, une manière d’appréhender les différentes étapes de la vie. Je venais, sans le savoir, d’apprendre le principe premier de la stratégie : il ne suffit pas uniquement de savoir où l’on est, et où l’on veut aller. Il faut également penser à la meilleure manière d’atteindre son but, et de se prémunir contre les éléments susceptibles de perturber notre trajectoire. Cet effort de réflexion, de planification, de réajustement contextuel dans lequel j’étais sur le point de me lancer, n’était autre qu’une manière de me donner les moyens de mon ambition.

Etre ambitieux, oser, oser grand, grandissime, c’est pour moi ce qui différentie ceux qui sont « bons » dans leur domaine, et ceux qui sont « excellents » dans ce qu’ils font. Ce plafond de verre dont nous entendons si souvent parler, et d’ailleurs une bonne partie des obstacles que nous trouvons sur notre chemin, seraient amoindris, à mon humble avis, si nous osions : poser une question ou demander des clarifications lorsque l’on n’est pas sûr de notre compréhension ; demander à être staffé sur une mission qui nous intéresse ou prendre en charge un dossier brûlant et challengeant plutôt que de nous plaindre de ne pas être valorisé dans notre position actuelle, postuler au programme prestigieux qui nous fait rêver plutôt que de nous dire que de toutes les façons, nous ne serons jamais retenu ; prendre l’initiative de proposer une approche différente à son manager/team leader plutôt que d’exécuter machinalement des tâches inefficientes et d’étouffer son esprit critique et créatif, entre autres.

Se donner les moyens de ses ambitions, c’est également pousser ce que l’on pense être ses limites, dans le but d’avoir une meilleure appréciation de son potentiel. Parce qu’entre nous, qui peut définir de manière précise son potentiel ?

 Quittons-nous sur une autre question : que faites-vous, aujourd’hui, pour développer cette confiance en vous, qui devrait vous permettre, dans un premier temps, d’oser grand, et dans un second temps, de faire preuve de persévérance jusqu’à l’atteinte de votre prochain objectif ?

[1] Si tu dois mourir dans la forêt, assure-toi d’être tué par un lion.

[2] Tu te fatigueras pour quelque chose qui n’en vaudra pas la peine.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s