Personal branding (partie II) : l’audace de persévérer

« La rivière perce le rocher non pas par sa force, mais par sa persévérance »

Je m’étais promis, sur ce blog, de ne pas aborder de sujets soit politiques, soit pouvant être assimilés à des commentaires politiques, quand bien même je me considère comme politisée, parce qu’engagée dans les affaires de la cité. Toutefois, dans la lancée des articles sur le personal branding, je n’ai pu m’empêcher, vu l’actualité de ces derniers jours, d’évoquer l’importance dans le cheminement professionnel et même personnel (les deux sont parfois intimement liés) de l’audace, l’audace d’espérer.

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Il a fièrement représenté son pays et brillé sur les plus belles plateformes médiatiques. Il a eu accès à des opportunités, surtout en termes financiers, astronomiques de par leur importance et leur attractivité. Il a vu son pays être déchiré pendant plus d’une décennie par la guerre civile, la pauvreté, l’oppression d’un leader sanguinaire. Toutefois, comme le disent si bien Hamidou Anne et Racine Assane Demba dans leur chronique du 02 janvier 2018 (à lire ici), au lieu de rester calfeutré dans une luxueuse villa quelque part en Europe ou en Amérique, assistant son pays à travers une fondation intervenant dans un domaine ou un autre, il s’est « politisé », en se demandant d’abord ce qu’il pouvait apporter à son pays, pour ensuite revenir s’y installer, et s’engager dans la politique à travers la création d’un parti, au-delà de ses actions sociales. Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse avant de continuer plus loin.

Je ne pointe pas ici du doigt, « ceux qui sont partis et qui ne sont pas rentrés », ou bien « pas encore rentrés. » Ces choix de vie sont très personnels, même si j’ai mon opinion propre là-dessus (pour être passée par là, et avoir fait le choix de rentrer) ; ceux qui me connaissent personnellement commenceront sûrement à sourire et à hocher la tête en lisant ceci. Ce qui est absolument poignant à mon avis, et qui outrepasse les considérations mentionnées ci-dessus, et qui est la source d’inspiration ultime dans le parcours de George Weah, est plus le fait qu’à un moment donné, il se soit demandé ce que lui, citoyen libérien, pouvait faire pour servir son pays. Cette notion du service à la nation, qui exclut d’emblée le fait de se demander « ce que ce pays a fait pour nous », ou la réflexion qui tue, le « je dois aussi penser à moi et à mon avenir », comme si ces deux choses étaient incompatibles.

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Je vous vois venir d’ici : « mais avec tout ce qu’il a gagné durant sa carrière, il était facile pour lui de rentrer ! » Je n’en disconviens pas, l’exemple est particulier. Mais nous serons forcément d’accord que malgré le fait que sa carrière de footballeur professionnel soit terminée, il ne devait pas manquer d’opportunités professionnelles connexes lui permettant de continuer à très bien gagner sa vie. Fermons donc ici cette parenthèse, afin d’éviter de tirer encore plus en longueur.

Suivant donc cette « politisation » qui s’est traduite par un engagement politique fort, nous nous retrouvons par la suite devant un homme politique qui trébuchera plus d’une fois au pied du podium, lors de deux élections présidentielles consécutives. Les critiques fusent de toute part : il n’a ni l’expérience, ni le « bagage intellectuel », comme on dirait chez nous (entendez les diplômes) qu’il faut pour gouverner. « Mister George » reprendra donc les études, et gagnera haut la main un siège de sénateur dans la circonscription la plus peuplée du pays. De quoi remédier à son « manque d’expérience politique. » La troisième fois sera la bonne : treize ans après sa première tentative, il accède à la magistrature suprême, et montre que son audace, l’audace d’espérer, aura fini par payer.

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Est-ce que je pense qu’il pourra radicalement changer le destin de son pays, là où son prédécesseur, symbole tout aussi puissant, n’aura réussi à effectuer que de timides changements ? J’en doute fort. Pas parce qu’il manquerait de passion, de détermination ou de bonne foi, mais plutôt parce que gouverner un pays est beaucoup plus compliqué que l’on pourrait le penser. La marge de manœuvre du Président est assez réduite, surtout dans un pays régi par le système du common law, où le parlement a une importance plus prononcée que dans nos systèmes francophones.

Outre ce rapide commentaire, je me suis abstenue jusqu’ici, de parler de « l’homme politique », ou du « politicien », à dessein parce que ce n’est pas l’aspect qui m’intéresse le plus. Le symbole et l’exemple qu’il représente pour cette « jeunesse africaine en quête de repère » est tout aussi fort que l’inspiration qu’a suscité Ellen Johnson Sirleaf lors de son investiture.

Posons-nous donc la question : combien de fois avons-nous abandonné après l’échec d’une, ou de plusieurs tentatives ? Combien de fois avons-nous eu l’impression de ne pas avoir la force de persévérer, d’essayer encore une fois, de nous battre plus longtemps pour arriver à nos objectifs ? Personnellement, je me suis rendue compte que le fait de me battre jusqu’à la dernière once d’énergie, me permettait, même si je n’arrivais pas à atteindre mon objectif, d’éviter le poids étourdissant des regrets, pour avoir donné tout ce que j’avais dans le ventre. En cette nouvelle année, adoptons donc une seconde résolution : celle de cultiver l’audace de persévérer.

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