Déllol, braquél waay !

En ce mois début de mois de juillet, l’air dakarois a fini d’enclencher cette transformation radicale que je suis persuadé, seul lui est capable d’entreprendre : vers 14h, le soleil a fini d’atteindre son zénith, accablant ces pauvres âmes forcées de marcher des kilomètres entiers sous son joug brûlant ; incapable de ne pas se mêler à la danse, l’océan, lui, relâche une armée de particules humides qui, mêlées à la chaleur, donnent aux pauvres diables sénégalais, de nature si fatalistes, un avant-goût du paradis… bien fade sûrement, comparé à la version originale de la chose, comme pour souligner l’ironie d’une ville inondée par le fake que l’on fait passer pour de « l’orizinal ! »

Mussor trônant fièrement sur la tête, robe à la « Jackie Kennedy » sur mesure lui allant comme un gant, escarpins aux pieds comme pour relever un défi personnel quoique dangereux, au nom de la mode et de l’élégance. Il ne manque que les grosses lunettes de star hollywoodienne pour parfaire le look, mais une vraie fashionista saurait que la fraîcheur d’un maquillage bien fait, avec des produits de qualité, ne mériterait d’être abimée de cette manière. A Dakar, la grosse voiture est devenue il y a quelques années, comme elles aiment à le dire, une nécessité : plus de place pour les courses, moins de tracas durant la saison des pluies. A part qu’être une femme qui conduit un véhicule à Dakar… c’est spécial !

Curtesy of @amcoolel: https://www.instagram.com/amcoolel/

Parcours quotidien, comme tous les jours : activation du clignotant droit, ralentissement à l’approche de la place de stationnement repérée, puis amorce de la manœuvre. A part que nous sommes à Dakar. Et à Dakar, deux passants surgissent de nulle part, et commencent à gesticuler comme s’ils étaient possédés par les dieux de l’automobile. Au nom d’une supposée obligation d’assistance à femme en danger de cabosser la voiture que son bien aimé et généreux époux a bien eu l’obligeance de lui offrir en cadeau, préparant sûrement en douce de secondes noces à venir, ils s’interposent pour lui indiquer, lui montrer comment garer ce véhicule avec lequel pourtant elle a fini de faire corps, cette voiture qui est presque devenue un prolongement de ses jambes. A gauche, puis à droite ; en arrière, vers le ciel, six pieds sous terre… Et malheur à elle, si elle décide de décliner cette aide « bienveillante. » Soxna si, damalay jappalé rek. Et pourtant, ils n’ont sûrement jamais conduit une voiture de leur vie. Je mettrais ma main à couper qu’ils n’ont même pas le permis de conduire. Qu’importe ! Ce sont des hommes, donc ils « savent. »

Voiture, elle ne saura jamais garer toute seule. Manœuvrer, elle ne maîtrisera jamais. Changer une roue, n’en parlons pas ! Eternelle assistée, éternellement infantilisée. De l’autre côté de la rue, je matte la scène, à la sénégalaise, en dégustant avec délectation mon pot de madd ; celui-là, au moins, ils n’oseront me le disputer en public !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :